Myoland

29 janvier 2012

L'audience des concurrents de MegaUpload bondit

Société 2.0 -

La fermeture de MegaUpload a poussé les internautes à trouver de nouveaux espaces pour échanger des contenus. Si les réseaux P2P ont récupéré une partie de l'audience de l'ancien hébergeur, les concurrents ont aussi tiré leur épingle du jeu. Depuis le 19 janvier, le trafic des principaux concurrents de MegaUpload a fortement progressé.

En fermant MegaUpload, les autorités américaines ont mis un terme aux échanges illicites d'œuvres contrefaites qui se déroulaient sur la plate-forme. Dans le feu de l'action, elles ont également rendu de nombreux fichiers légaux indisponibles, au grand désespoir de leurs propriétaires. Mais elles ne sont en tout cas pas parvenues à modifier les habitudes des internautes.

Loin de se ruer vers les offres légales disponibles sur Internet, l'audience de MegaUpload s'est très rapidement adaptée à la disparition du principal acteur des services d'hébergement en un clic. Les principaux concurrents (RapidShare, Hotfile, Depositfiles, Uploaded.to, Filepost, Hulkshare, Netload.in, Uploading, zShare.net...) connaissent en effet une très forte progression de leur trafic depuis le 19 janvier.

Ces évolutions, constatées par Google et Alexa, un site spécialisé dans le trafic web, vont-elles s'inscrire dans la durée ? Il est sans doute un peu tôt pour le dire, d'autant que les autres hébergeurs de fichiers peuvent légitimement craindre d'être dans le collimateur du FBI. Nombre d'entre eux ont d'ailleurs donné un tour de vis supplémentaire pour ne pas trop attirer l'attention.

C'est ainsi que des sites comme VideoBB, VideoZer, FileServe, FileSonic ou encore UploadStation ont supprimé tous les contenus qu'ils hébergeaient ou qui ont modifié leurs fonctionnalités pour ne plus autoriser le partage. Le sort que connaît Kim Schmitz - le fondateur de MegaUpload - et ses compères n'est en effet guère enviable, au regard des sanctions judiciaires qui pèsent sur eux.

Les hébergeurs spécialisés ne sont pas les seuls à profiter de la fermeture de MegaUpload. Certains internautes sont revenus au source du parage, c'est-à-dire au P2P. L'utilisation des réseaux a sensiblement progressé, notamment eMule et BitTorrent. Un constat qu'on retrouve même en France, alors que l'Hadopi et TMG chassent justement les internautes violant la propriété intellectuelle sur ces espaces.

Les efforts des ayants droit pour ramener les internautes vers les offres légales vont donc de voir se poursuivre. Vu la manière dont les internautes migrent d'une plate-forme à l'autre, il est certain que la seule menace du bâton ne suffira pas. Comme toujours, l'attrait de la carotte, c'est-à-dire la qualité de l'offre légale, est essentiel pour persuader les internautes de délaisser les échanges illicites.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Posté par kensurvivant à 16:49 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


24 janvier 2012

Prometheus



Une affiche du film ...

Prometheus

Posté par kensurvivant à 19:57 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
21 janvier 2012

L'Hadopi aurait un impact bénéfique sur les ventes de musique en France

Musique Numérique -

Selon une étude d'universitaires qui sera publiée dans quelques jours par l'IFPI, l'Hadopi aurait eu un impact bénéfique sur les ventes de musique en France. Néanmoins, les conclusions de cette enquête doivent être lues avec prudence, dans la mesure où celle-ci n'est pas encore accessible.

Autorité publique indépendante, l'Hadopi conduit essentiellement deux missions auprès des Français. La première, et sans aucun doute la plus connue, est la lutte contre le piratage à travers le mécanisme de la riposte graduée et la surveillance des réseaux P2P. La seconde a pour objectif d'encourager le développement de l'offre légale, en observant notamment l'utilisation des œuvres culturelles sur le net.

Bien que très critiquée, la Haute Autorité est désormais active depuis maintenant deux ans. Et à en croire une étude conduite par quatre chercheurs et relayée dans les grandes lignes par Électron Libre, l'impact de l'Hadopi sur l'industrie du disque serait plus que positif. Au terme d'un travail long de 18 mois, les quatre universitaires affirment qu'Hadopi a entraîné un plus de 13,8 millions d'euros par an pour le marché français.

Il faudra néanmoins attendre la publication de cette enquête, qui aura lieu le 23 janvier dans les bureaux de l'IFPI, avant de tirer de grandes conclusions. En effet, seul Électron Libre a pu accéder a son contenu, lui permettant certes de révéler "les principaux enseignements tirés de ce travail universitaire" mais empêchant d'autres de fournir une contre-expertise. Seule la grille de lecture de nos confrères est disponible.

Quels sont ces principaux enseignements ? D'après les quatre universitaires - dont l'identité n'est pas encore connue -, "la progression de l'offre légale, en terme de volume de vente, et particulièrement iTunes, est plus forte en France, là où existe l'Hadopi". Depuis Hadopi, une progression de 22,5 % des ventes au titre sur iTunes aurait été constatée, même si coïncidence ne signifie pas causalité.

S'il faut évidemment saluer le développement de l'offre légale, il semble périlleux d'en attribuer le seul mérite à l'Hadopi. En ce qui concerne iTunes, il faut par exemple relever que le service a nettement allongé la durée des extraits musicaux (de 30 à 90 secondes) l'an dernier. Or pour Apple, les internautes consomment plus facilement de la musique lorsqu'ils peuvent écouter plus longuement les titres pour se faire une idée.

Hadopi, épouvantail à pirates ? Peut-être. Mais la complexité du sujet ne permet pas de faire de la Haute Autorité le seul responsable de l'évolution des comportements, même si cela "parait logique". L'étude va pourtant jusqu'à écrire - bien que le conditionnel soit de rigueur - que l'effet bénéfique d'Hadopi "aurait été observé avant même le passage de la loi à l'Assemblée et son vote définitif".

L'Hadopi aurait donc inquiété les internautes bien avant son entrée en vigueur, à en croire les chercheurs. Un peu comme la fréquentation du cinéma, qui progresse globalement depuis le début des années 1990 alors qu'Hadopi n'existe que depuis 2010 ? Mais l'inquiétude des internautes ne s'est pas systématiquement convertie en acte d'achat. Même après l'Hadopi, les ventes de CD ont reculé.

Les travaux des chercheurs prennent alors l'exemple des musiques urbaines comme le rap, manifestement très prisées par les adeptes du P2P et des services de téléchargement direct, auraient redressé la tête, avec des ventes d'albums en hausse de 25 % dans l'Hexagone, par rapport aux autres grands pays européens.

Nos confrères poursuivent en soulignant que l'Hadopi "a finalement convaincu les internautes que le temps de l’impunité était terminé", en se basant sur les chiffres de ventes de la plate-forme iTunes sur le Vieux Continent. Nous ne savons en revanche pas si l'étude évoque l'évolution des usages des internautes, qui utilisent des outils de streaming légaux (Deezer, Spotify...) ou abandonnent le P2P au profit du DDL.

Les études de ce genre et leurs conclusions doivent être observées avec une certaine prudence, car la méthode retenue pour établir certains chiffres peut être contestable. On se souvient par exemple que le mode de calcul pour le sondage laissant entendre que 50 % des avertis auraient arrêté de pirater se base sur un nombre d'avertis très (trop) restreint pour en tirer de grandes conclusions.

Beaucoup d'incertitudes demeurent autour de cette enquête. Sa publication prochaine par l'IFPI tend à indiquer que l'industrie du disque n'a jamais été bien loin du travail des quatre universitaires. Des rapports concernant le piratage ont ainsi été brocardés pour leur lecture partielle voire partiale de la situation, à l'image des travaux conduits par le cabinet TERA en 2008 et en 2010.

Alors que l'opposition a officiellement l'intention d'abroger Hadopi (bien que le candidat du Parti socialiste a une position trouble sur la question), cette enquête arrive en tout cas à point nommé pour les partisans de l'autorité publique indépendante. Elle fournit des munitions pour la campagne électorale, afin d'inciter les opposants à revoir leur discours. En effet, pourquoi se débarrasser d'un outil utile et bénéfique ?

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Posté par kensurvivant à 16:56 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

MegaUpload : toutes les réactions

Société 2.0 -

Les réactions se succèdent suite à la fermeture de MegaUpload. La classe politique française s'est essentiellement positionnée en fonction du commentaire livré cette nuit par Nicolas Sarkozy. De leur côté, les ayants droit comme le SNEP et la SACD peinent à cacher leur joie. La Quadrature du Net constate pour sa part que MegaUpload est la conséquence directe de la guerre menée contre le partage.

Dire que la fermeture de MegaUpload est en train d'agiter l'opinion publique serait un grossier euphémisme. Suite à l'opération conjointe du FBI et du département de la justice des États-Unis, qui a abouti à la saisie des serveurs et à l'arrestation de l'équipe dirigeante de MegaUpload, les commentaires ont fleuri à toute vitesse sur le web. Même les plus hautes autorités de l'État, en l'occurrence Nicolas Sarkozy, ont réagi à la nouvelle.

Bien entendu, la satisfaction affichée du président de la République d'apprendre l'intervention des autorités américaines pour abattre MegaUpload a inévitablement fait réagir la classe politique française. Les ayants droit ont également commenté la nouvelle, sans bouder leur plaisir. Et pour cause, MegaUpload est considéré par ces derniers comme une plaque tournante majeure du piratage de contenus protégés par le droit d'auteur.

Parti socialiste

Le principal parti d'opposition a commenté la nouvelle par la voix d'Aurélie Filipetti, en charge des questions culturelles, audiovisuelles et médiatiques au sein de l'équipe de campagne de François Hollande. Sur France Inter, elle a qualifié l'opération contre MegaUpload de "normale", rappelant que l'objectif du PS de "renforcer la lutte contre ce genre de sites totalement illégaux qui font de l'argent sur le dos des artistes".

Selon les dernières déclarations de François Hollande, le Parti socialiste va défendre l'instauration d'une nouvelle loi qui doit signer l'acte 2 de l'exception culturelle française. "Je rappellerai autant de fois que nécessaire que les créateurs doivent être rémunérés pour leurs œuvres. [...] je veillerai à faire respecter le droit moral, pilier des droits d’auteur" a déclaré le candidat du PS.

Front National

Très actif pour séduire les anti-Hadopi, le Front National a marqué son étonnement suite à "l'enthousiasme manifesté par Nicolas Sarkozy". Pour le parti de Marine Le Pen, "Nicolas Sarkozy fonctionne avec les internautes comme avec les automobilistes en les rackettant pour colmater les brèches laissées par sa gestion dispendieuse des deniers publics".

"Nicolas Sarkozy se fait l’ami des majors et des multinationales qui font des marges hallucinantes sur le dos des artistes et des consommateurs, et n’encourage absolument pas la créativité" poursuit le FN, qui défend "l'instauration d’une licence globale pour les échanges privés sur Internet" et rappelle son hostilité envers l'Hadopi, la Loppsi 2 et l'ACTA au nom de la liberté sur Internet.

Europe Écologie Les Verts

La candidate d'EELV s'est également dressée contre la fermeture de MegaUpload. Pour Eva Joly, c'est "un symptôme supplémentaire de l'incapacité des pouvoirs publics à se projeter au 21ème siècle et à concevoir un projet global éthique associant rémunération des auteurs et fluidité de la culture sur internet". Elle regrette aussi le "zèle dérangeant" avec lequel le président a salué la fermeture de MegaUpload.

"Faute de stratégie publique intelligente, et de réflexion internationale indépendante des lobbies, on continuera à assister  à une guerre de l'industrie du copyright face aux créatures qu'elle a engendré" poursuit-elle, rappelant "sa volonté d'abroger les lois Hadopi, Dadvsi et Loppsi", son hostilité envers "des dispositions répressives et de contrôle des internautes" et des projets SOPA, PIPA et ACTA.

Corinne Lepage

Du côté de l'équipe de campagne de Corinne Lepage, c'est avant tout la perte de l'ensemble des contenus légaux qui est déplorée. "Combien de contenus légaux ont été rendus inaccessibles avec cette décision ? [...] Quelle possibilité donnée aux clients de bonne foi de récupérer leurs données ?" Le FBI et le département de la justice permettront-ils aux utilisateurs de récupérer leurs fichiers personnels ?

Cette intervention des autorités américaines interpelle en tout cas, au regard de l'intérêt que porte le public à la culture, d'autant qu'aucune étude indépendante n'a prouvé un manque à gagner causé par le piratage. Et de citer du même coup les "entrées au cinéma battent records sur records". Le mouvement plaide plutôt pour une évolution de l’industrie du divertissement pour qu'elle s’adapte au numérique.

Debout la République

Nicolas Dupont-Aignan, chef de file de Debout la République, a lui aussi critiqué l'attitude de Nicolas Sarkozy qui s'est immiscé dans une décision d'un pays étranger alors qu'un procès n'a encore eu lieu. "Le chef de l'État tombe en réalité le masque des intérêts qu'il défend, ceux des majors, et semble oublier la solution de la licence globale qui permettrait la légalisation du téléchargement tout en protégeant les auteurs."

Dans son commentaire, le député note aussi la perte de données légaux hébergés sur MegaUpload. "Ce sont des milliers de contenus privés et personnels hébergés sur le site megaUpload qui ont été arbitrairement rendus inaccessibles" dit-il, estimant que "l'UMP comme d'ailleurs le PS passent totalement à côté de la révolution numérique et du sens de l'histoire".

Commission européenne

À l'échelle européenne, c'est la prudence qui est de mise. La page Facebook dédiée à la politique numérique de l'Union européenne se contente de poser une question aux membres du réseau social, afin de savoir s'ils considèrent le service légal ou non. La commissaire en charge du dossier, Neelie Kroes, n'a pas encore livré son avis sur la question, se contentant d'évoquer le projet de loi anti-piratage SOPA.

"Mon avis est que la régulation d'Internet doivent être efficace, proportionnée et préserver les avantages de l'Internet ouvert" a-t-elle glissé dans un tweet. Satisfaite de l'évolution du débat aux USA sur la loi SOPA, la vice-présidente de la Commission européenne rappelle que "Les excès de vitesse sont aussi illicites, mais ce n'est pas pour ça qu'on met des ralentisseurs sur l'autoroute". Il faut donc une autre approche.

Syndicat national de l'édition phonographique

Interrogé par l'AFP, le SNEP a bien entendu salué l'opération américaine contre MegaUpload. "C'est une très bonne nouvelle" et un "coup porté contre la piraterie très important". "C'est absolument normal que ces gens là soient responsables de leurs actes, aient à répondre de leurs actes devant la justice américaine", a expliqué le directeur du SNEP, David El Sayegh.

"Il faut savoir que les gens de Megaupload ne sont pas des gentils pirates dont la finalité est d'échanger des fichiers. Ce sont des gens qui font avant tout du business (...) Et sur ces profits, aucun centime n'a été versé ni aux producteurs, ni aux artistes, ni aux auteurs-compositeurs", a-t-il ajouté. "C'est un signal très fort à tous ceux qui pensent se jouer de la justice", car cela prouve qu'"Internet n'est pas un espace de non-droit".

Société des auteurs et compositeurs dramatiques

Même son de cloche  chez la SACD. Se félicitant de l'action menée par le FBI et la justice américaine, la société de gestion collective souligne que MegaUpload est "connue pour organiser la mise à disposition illégale d’œuvres protégées par le droit d’auteur et pour réaliser des profits substantiels sur le dos des auteurs et de la création".

Plaidant pour un consensus politique en France autour de la protection du droit d'auteur, du droit moral et du droit patrimonial à l'ère numérique, la SACD explique que "les activités mafieuses autour de la distribution des œuvres culturelles ne peuvent être tolérées. Elles ne sont ni dans l’intérêt du public, amené à payer pour visionner illégalement des œuvres, ni dans celui des créateurs bien entendu".

Hadopi

Victime d'une attaque DDOS dans les minutes qui ont suivi l'annonce de la fermeture de MegaUpload, l'Hadopi a également commenté à l'évènement par la voix de sa présidente, Marie-Françoise Marais. "Ce qui s'est passé aux Etats-Unis est une bonne chose. Megaupload est un site qui offre des services pour lesquels il n'a jamais eu d'autorisation. On peut considérer qu'il s'agit là de contrefaçon".

"L'action, qui a été menée aux États-Unis, est le fait des ayants droit. Ils ont porté plainte et se sont donc servis de l'arsenal mis à leur disposition légalement pour préserver leurs droits et lutter contre la contrefaçon" note l'Hadopi, en rappelant que les ayants droit peuvent tout à fait procéder à la même action en France, grâce au code pénal qui sanctionne la contrefaçon de 3 ans de prison et 300 000 euros d'amende.

La Quadrature du Net

De son côté, la Quadrature du Net considère qu'au regard des "énormes profits engrangés par MegaUpload grâce à une centralisation des œuvres soumises au droit d'auteur", la position de MegaUpload - qui est décrit comme "un sous-produit direct de la guerre menée contre le partage pair à pair hors-marché entre individus" est "difficilement défendable".

Toutefois, l'initiative citoyenne note que l'affaire a été "conduite en dehors du territoire américain et sans même une décision de justice, cette affaire met en évidence la violence de la guerre disproportionnée menée au nom d'un droit d'auteur dépassé". Ce retrait est le signe d'une "tentative globale de contrôler et de censurer Internet", dans une "guerre" déclarée par les lobbies du copyright.

À l'heure où nous écrivons ces lignes, les réactions du MoDem de François Bayrou et du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas connues.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Posté par kensurvivant à 16:51 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Le dossier accablant du procureur contre MegaUpload

Société 2.0 -

L'acte d'accusation à l'encontre de MegaUpload met à jour le système mis en place par son richissime fondateur pour encourager financièrement le partage de contenus piratés. Le procureur de Virginie démontre que les administrateurs rémunéraient en toute connaissance de cause l'envoi de contenus piratés populaires sur la plateforme d'hégergement.

L'opération aura pris un an à être montée. Jeudi, 76 officiers de la police de Nouvelle-Zélande assistés de quatre agents du FBI ont procédé à 6h30 du matin à l'arrestation de Kim Dotcom, le fondateur et dirigeant de l'empire Mega, qui s'est soudainement écroulé. Sa demande de remise en liberté sous caution a été rejetée, et l'homme doit désormais attendre le verdict de la justice néozélandaise sur sa probable extradition vers les Etats-Unis. Comme l'a décidé le Grand Jury du tribunal d'Alexandria, en Virginie, il y sera jugé pour de multiples chefs d'accusation et risque jusqu'à 60 ans de prison par le jeu du cumul des peines.

La lecture des 72 pages de l'acte d'accusation (ci-dessous) révèle que les enquêteurs ont eu accès aux e-mails des dirigeants de MegaUpload et aux mouvements financiers sur pas moins de 64 comptes bancaires saisis par les autorités. Le document laisse peu de doute sur l'issue du procès, tant le dossier monté par le procureur paraît solidement ficelé à l'encontre de ce qu'il dénomme la "Mega Conspiracy".

Les communications reproduites par le bureau du procureur montrent en effet que les dirigeants de MegaUpload rémunéraient des internautes qui envoyaient des fichiers sur la plateforme, en ayant parfaitement connaissance du type de contenus envoyés. Le procureur cite ainsi un e-mail dans lequel un des administrateurs de la galaxie Mega détaille les montants proposés pour rémunérer plusieurs "uploaders", avec la synthèse des fichiers uploadés pour chacun d'entre eux. Par exemple, l'un des bénéficiaires a touché 100 dollars pour avoir uploadé "une dizaine de DVD rips de films populaires, quelques films pornographiques et des générateurs de clés pour des logiciels piratés". Un uploader a reçu à lui seul 55 000 dollars.

Entre mars 2007 et juillet 2010, MegaUpload a ainsi reversé 9 millions de dollars aux internautes qui uploadaient les contenus les plus populaires. Le système détaillé par le procureur permettait à l'entreprise d'inciter les internautes à faire connaître les contenus qu'ils hébergeaient sur MegaUpload ou MegaVideo, notamment au travers de sites de liens, pour maximiser leurs revenus. 

D'autres e-mails montrent que les dirigeants du site interrogeaient leurs serveurs pour y trouver les fichiers piratés qui les intéressaient personnellement (alors que le site ne propose aucun moteur de recherche), ou qu'eux-mêmes y envoyaient des contenus piratés pour se les partager entre eux.

Ils montrent aussi qu'en 2006 et 2007, MegaVideo s'était monté en repompant le contenu de YouTube, Kim Dotcom souhaitant dupliquer toutes les vidéos pour ensuite les exploiter commercialement.

Sur un plan plus juridique, le procureur reproche à MegaUpload de ne pas respecter la loi DMCA qui encadre la procédure de notification et de retrait des contenus. L'entreprise ne supprimait que le lien envoyé par l'ayant droit, et non le contenu correspondant, qui pouvait être retrouvé sous d'autres liens. Alors que techniquement, MegaUpload n'avait aucune difficulté à supprimer une fois pour toutes le fichier. C'était d'ailleurs le cas pour les fichiers pédopornographiques et les vidéos de propagande terroriste, qui étaient définitivement éliminées une fois signalées.

"Les suppressions (de fichiers) en masse contribuent à une baisse des revenus", avait alerté Kim Dotcom en écrivant à ses collaborateurs. "A l'avenir, merci de ne pas supprimer des milliers de liens d'un seul coup à partir d'une source unique, sauf si ça vient d'une organisation majeure aux USA".

L'acte d'accusation fourmille également de données chiffrées sur MegaUpload, MegaVideo et consorts :

  • 175 millions de dollars de recettes encaissées depuis septembre 2005, dont 150 millions sur les seuls abonnements "premium", et 25 millions pour les recettes publicitaires ;
  • 110 millions de dollars versés entre 2006 et 2011 sur un compte PayPal, qui servait aussi de compte de paiement pour différents fournisseurs ;
  • 42 millions de dollars perçus par le seul Kim Dotcom, qui possède l'essentiel des parts des différentes structures ;
  • 25 péta-octets de données hébergées chez Carpathia Hosting, sur plus de 1000 serveurs dont 525 à Ashburn, en Virginie ;
  • Des serveurs en France via le fournisseur de transit Cogent ;
  • 630 serveurs hébergés par le néerlandais LeaseWeb ;
  • Une facture d'hébergement de serveurs et de bande passante de 65 millions de dollars depuis 2005 ;
  • 30 employés répartis dans 9 pays

En plus des 64 comptes bancaires, les autorités ont saisi une grosse vingtaine de voitures de luxe, dont une Maserati, une Rolls-Royce coupé, une Lamborghini, et de nombreuses Mercedes-Benz. Ils ont aussi saisi les noms de domaine Megastuff.co; Megaworld.com;  Megaclicks.co; Megastuff.info; Megaclicks.org ; Megaworld.mobi; Megastuff.org; Megaclick.us; Mageclick.com; HDmegaporn.com; Megavkdeo.com ; Megaupload.com ; Megaupload.org; Megarotic.com; Megaclick.com; Megavideo.com; Megavideoclips.com ; et Megaporn.com.

Anecdote amusante. L'acte d'accusation nous apprend qu'Universal Music avait envisagé en novembre 2010 d'ouvrir des discussions avec MegaUpload pour l'ouverture de leur service légal MegaBox. La maison de disques du groupe Vivendi était prête à ouvrir son catalogue à condition que la société instaure un filtrage proactif pour détecter les contenus Universal à supprimer de MegaUpload, qu'elle limite le nombre de téléchargements par fichier, et qu'elle soit plus réactive dans le traitement des demandes de retraits de contenus.

On retient surtout du dossier que les éléments juridiques sont les moins étayés. Le procureur s'est surtout attaché à démontrer comment le business model de MegaUpload avait été conçu et appliqué pour encourager l'upload et le téléchargement de fichiers piratés. En cela, l'affaire ressemble beaucoup à celles qui avaient conduit à la condamnation de Kazaa et Grokster. Depuis, les auteurs de logiciels de P2P se sont montrés beaucoup plus prudents, et sont désormais innocentés à l'instar des auteurs de Piolet et Winny. Probablement les éditeurs de services s'inspirant de MegaUpload sauront tirer les leçons du procès à venir pour faire preuve de plus de subtilité, quitte à s'offrir moins de Mercedes-Benz à la fin du mois.

L'acte d'accusation :
 

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Posté par kensurvivant à 16:47 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]




MegaUpload fermé par le FBI, ses hommes clé arrêtés !

Société 2.0 -

MegaUpload n'est plus ! A la surprise générale, le FBI et le Département de la Justice ont opéré un vaste coup de filet sur le sites de la galaxie Mega, dont MegaUpload et MegaVideo, en saisissant 18 noms de domaine. 4 hommes clés, dont le fondateur Kim Dotcom, ont été arrêtés en Nouvelle Zélande. 3 autres font l'objet d'un mandat d'arrêt. Ils risquent jusqu'à 60 ans de prison.

Mise à jour : Voir notre analyse de l'acte d'accusation

Est-ce un hasard de calendrier ? Au lendemain du blackout contre la loi SOPA, le Département de la Justice américain a procédé à la fermeture inattendue du site MegaUpload.com, et mis en examen sept individus et deux sociétés accusées d'avoir "mis en oeuvre une entreprise internationale de crime organisé prétendûment responsable du piratage massif à l'échelle mondiale d'un grand nombre de types d'oeuvres protégées, à travers MegaUpload.com et d'autres sites en relation". Selon le communiqué commun du Département de la Justice et du FBI, le réseau Mega (MegaUpload, MegaVideo...) aurait généré 175 millions de dollars de recettes et causé la perte de plus d'un demi milliard de dollars à l'industrie.

La police américaine, et les forces policières de 8 pays ont saisi l'équivalent de 50 millions de dollars d'actifs, et les sites dont les serveurs étaient situés à Ashburn, Washington, aux Pays-Bas et au Canada. 18 noms de domaine ont été saisis, dont MegaVideo.com et MegaUpload.com.

Les deux sociétés mises en accusation sont MegaUpload Limited et Vestor Limited. Un grand jury a estimé le 5 janvier dernier qu'il y avait des charges suffisantes pour les poursuivres des chefs de racket, blanchiement d'argent et trois chefs de contrefaçon, en bande organisée. 

Outre les deux sociétés, 7 individus ont été mis en examen. Ils risquent en peines cumulées jusqu'à 60 ans de prison, dont 20 ans pour blanchiment d'argent, 20 ans pour racket et 15 ans pour les trois chefs de contrefaçon. 

  • Kim Dotcom (connu sous les pseudonymes de Kim Schmidtz et Kim Tim Jim Vestor), 37 ans, le PDG et fondateur de Megaupload, basé à Honk Kong et en Nouvelle Zélande ;
  • Finn Batato, directeur marketing, 38 ans, basé en Allemagne, directeur marketing ;
  • Julius Bencko, 35 ans, basé en Slovaquie, graphiste ;
  • Sven Echternach, 39 ans, basé en Allemagne, directeur commercial ;
  • Mathias Ortmann, 40 ans, basé en Allemagne et à Honk Kong, directeur technique, co-fondateur et directeur de l'univers Mega ;
  • Andrus Nomm,  32 ans, basé en Estonie et en Turquie, développeur et chef de l'équipe de développement technique ; 
  • Bram van der Kolk ("Bramos"), 29 ans, un Danois basé également en Nouvelle-Zélande, superviseur du développement et de l'infrastructure réseau.

Dotcom, Batato, van der Kolk et Ortmann ont été arrêté en Nouvelle-Zélande, et placé en garde à vue dans l'attente de leur transfèrement vers les Etats-Unis. Bencko, Echternach et Nomm sont toujours recherchés et font l'objet de mandats d'arrêts.

L'acte d'accusation indique que Dotcom et ses complices ont opéré pendant plus de cinq ans des sites qui permettaient la reproduction et la distribution de copies non autorisées de films, musiques, programmes de télévision, livres électroniques, ou logiciels, à une large échelle. Selon le communiqué, l'accusation leur reprocherait d'avoir "conduit leurs opérations illégales en utilisant un modèle économique conçu expressément pour promouvoir l'upload des oeuvres les plus populaires offertes en téléchargement à des millions d'utilisateurs". Plus précisément, il leur est reproché d'avoir récompensé l'envoi sur les serveurs de contenus populaires (des films encore à l'affichage, par exemple), par un système de récompenses financières liées au trafic généré par les contenus hébergés. MegaUpload aurait payé des utilisateurs en sachant qu'ils envoyaient des contenus piratés et qu'ils en faisaient ensuite la publicité via des sites de liens.

Selon les autorités américaines, la société soutenait activement les sites de liens, qui leur permettaient de faire connaître les contenus hébergés sur MegaUpload, ce qui retirerait au site toute l'immunité auxquels les hébergeurs traditionnels ont droit. Il est aussi reproché à MegaUpload de retirer les contenus notifiés lien par lien, et non contenu par contenu. Ce qui fait qu'un même contenu pouvait être reproduit des milliers de fois sous des liens différents, rendant l'action des ayants droit inopérante.

Le joli coup marketing de MegaUpload, qui avait réalisé sa MegaSong avec l'aide d'artistes de renom, a donc subitement pris fin de la manière la plus inattendue.  De quoi réjouir les ayants droit. Il y a encore quelques jours, l'un des grands patrons du lobby culturel français n'hésitait pas qualifier MegaUpload de "site mafieux". Les autorités américaines lui donnent raison dans cette première manche procédure. Restera désormais à suivre le procès, qui promet d'être fortement médiatisé tant la renommée de MegaUpload était forte.

Le site était fréquenté plus de 50 millions de visiteurs par jour, et comptait pour 4 % du trafic mondial.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Posté par kensurvivant à 16:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
02 janvier 2012

The Woman In Black


Une affiche du film ...

La_dame_en_noir_L_affiche_internationale_1

Posté par kensurvivant à 16:32 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
26 décembre 2011

Prometheus

LA bande-annonce tant attendu du dernier Ridley Scott : Prometheus

 

 

Posté par kensurvivant à 16:37 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
21 décembre 2011

The Hobbit: an unexpected journey

Une bande-annonce du film ...

 

 

Posté par kensurvivant à 16:49 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

The Dark knight rises

Une bande-annonce du film ...

 

 

Posté par kensurvivant à 16:46 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]